logologo

Quand alpage rime avec fromage

Longtemps, le Fribourgeois s’est rendu à l’alpage non pour le tourisme ou la randonnée, mais pour fabriquer le précieux fromage, rare produit d’exportation d’un canton alors essentiellement agricole. Depuis, la plaine a peut-être bien changé, mais là-haut, l’armailli continue de garder les troupeaux et de traire les bêtes. Et, parfois, il voit venir vers lui des randonneurs remontant aux sources de leurs racines. Ça ne le surprend pas : rendez-vous avait été pris.

Par Stéphane Genilloud

Nombre de chalets d’alpage s’ouvrent aux visiteurs. Au moment de planifier leur randonnée dans les Préalpes, ceux-ci peuvent consulter www.alpagesetchalets.ch, le site internet de la Société fribourgeoise d’économie alpestre qui répertorie une trentaine de chalets accessibles au public. On y apprend tout ce qu’on peut avoir envie de savoir sur ce pan de notre patrimoine, de l’historique de chaque bâtiment à la quantité de bétail qu’il abrite ou aux caractéristiques des pâturages environnants. De façon plus pratique, on y découvre l’altitude et l’emplacement exact de chaque chalet, ainsi que les prestations proposées aux visiteurs, qui peuvent aller de la visite de l’exploitation à l’hébergement. Une dernière information essentielle à noter : comment contacter l’exploitant ? Et il ne reste plus qu’à passer un coup de fi l et lacer ses chaussures.

Nul besoin cependant d’être un marcheur aguerri pour découvrir les secrets de la fabrication du fromage d’alpage. L’Office du tourisme de Charmey propose, sur réservation, la visite de deux chalets beaucoup plus accessibles, mais non moins typiques. Aux Invuëttes, à l’entrée de la vallée du Gros-Mont, la famille Biland transforme durant l’été le lait qui provient de son alpage de Féguelena, à 1600 mètres, tandis qu’à cette même altitude, à Vounetz, trois générations de la famille Piller attendent les promeneurs montés en télécabine pour un moment de partage. Pour Serge Charrière, de Charmey Tourisme, c’est le côté authentique qui séduit les visiteurs : « Les armaillis font leur boulot, on assiste à leur travail quotidien ». Et c’est d’ailleurs pour cela que, même si la visite se fait en toute décontraction, il faut se lever tôt. La fabrication du fromage débute à 9 h 30, que les visiteurs soient là ou non.

Nombre de fromages produits à l’alpage, Gruyère AOP et Vacherin fribourgeois AOP, s’affinent dans les Caves de la Tzintre, de la Coopérative fribourgeoise des producteurs de fromages d’alpage, qui peuvent être visitées en groupe. Il faut pour cela prendre contact par le biais du site www.fromage-alpage.ch. Attention, toutefois, si c’est du Vacherin qu’on souhaite déguster : il faut s’y rendre entre août et février ! « Le fromage d’alpage est un produit saisonnier », comme aime le rappeler Nicolas Esseiva, responsable d’exploitation. Après la désalpe, il n’est en effet plus possible de produire de fromage à partir de lait d’alpage. Mais si le Vacherin n’a besoin que de quelques mois pour mûrir, le Gruyère peut reposer beaucoup plus longtemps. Tant mieux, on peut ainsi manger de l’alpage toute l’année.

Enfin, pour peu qu’on en redemande ou qu’on préfère le chèvre, on ne manquera pas de s’arrêter à la Ferme de la Fin du Chêne, à Botterens, pour assister à la traite des chèvres entre 17 h et 18 h. Les groupes peuvent également prendre rendez-vous pour une visite guidée et gourmande, le matin, avec dégustation des produits bio de l’exploitation, et bien sûr des fameux fromages, tommes et lait de chèvre.

Société fribourgeoise d’économie alpestre
www.alpagesetchalets.ch
Charmey Tourisme, Les Charrières 1, 1637 Charmey – 026 927 55 80
Caves de la Tzintre, La Tzintre 53, 1637 Charmey
www.fromage-alpage.ch
Ferme de la Fin du Chêne, Fin du Chêne 39, 1652 Botterens – 026 921 14 22
Google +

© 2018 St-Paul Holding SA

Site web: media f SA