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Objectif mars

Petit manuel de survie à l’usage des nostalgiques de l’été.

Par Votre (très) Bel Hiver

Lundi matin, au milieu de leurs visages tout bronzés, vos collègues arborent la marque blanche des lunettes de ski. Ça, au moins, ne risque pas de vous arriver. Votre amour de la neige, vous l’avez laissé filer avec votre âme d’enfant il y a longtemps. La neige, c’est froid, c’est humide et c’est tout blanc. Non seulement, vous avez horreur du blanc, mais l’odeur des flocons vous pique le nez et le crissement de la neige sous vos pas vous fait mal aux dents. Alors, vous attendez le retour des beaux jours en feuilletant les catalogues de voyage. Autant ne pas vous le cacher, ça va être long. Il existe pourtant des façons de passer l’hiver, même quand on est frileux et qu’on ne skie pas.
La tactique de la marmotte, d’abord : hiberner et se faire oublier, ce qui chez l’humain se traduit par se coucher tôt, se lever tard et ne mettre le nez dehors que pour ramener un virus qui garantira l’alitement. Mauvaise idée. Reposante une saison, cette approche renforce à long terme la phobie de l’hiver.
Et puis, il y a la méthode Coué, qui consiste à positiver. Même vous, vous pouvez trouver des avantages à l’hiver, comme l’absence de moustiques ou la bière qui, sur le rebord de la fenêtre, est toujours réfrigérée. Pas de chance, rien que d’y penser, vous avez la mélancolie des soirées d’été. On peut alors se tourner vers un programme calqué sur le sport de compétition. Entraînement physique, alimentation et préparation mentale feront de vous un combattant prêt à affronter la saison froide. Ça tombe bien, l’escalade, le crochet et les plats mijotés, vous n’avez rien contre. Mais vous savez déjà que contre un adversaire tel que l’hiver, cela ne suffira pas. Vous vous êtes déjà battu, vous avez toujours perdu. La solution, c’est de s’adapter. L’hiver, il faut l’embrasser, l’aimer, non malgré, mais pour ses mauvais côtés. À commencer par cette nuit, omniprésente, qui tombe si vite à l’heure d’hiver.
Et alors ? Plus besoin d’entendre sonner les douze coups pour jouer les oiseaux de nuit. C’est une double vie qui s’offre à vous. Et puis il y a ce froid, aussi mordant que redouté. Il fait peut-être couler le nez, mais il rosit aussi les pommettes. C’est vivifiant, l’air frais ! Rien de tel pour remettre les idées en place. Et pour peu qu’il y ait une odeur de marrons grillés, c’est carrément enivrant.
Enfin, il y a la grisaille, qui inonde la plaine et que tout le monde déteste. Le gris, pourtant, ce n’est pas si mal. Pas de remords à rester enfermé par une journée ensoleillée. La couleur, la vie, c’est vous qui les apportez, mais seulement si vous en avez envie. Le beau temps n’est pas facile à assumer lorsqu’on est fatigué ou qu’on a des soucis, on est déphasé. Avec le gris, vous faites comme vous voulez. Vous pouvez souffler.
Lundi après-midi, un retardataire arrive en béquilles. Il en a jusqu’en mars, paraît-il. Sa saison est gâchée. La vôtre ne fait que commencer.

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