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Vignobles fribourgeois… avec vue sur le Léman

Nous partons de Châtel-Saint-Denis, vers Lavaux, à la découverte de deux vignobles historiques de l’Etat de Fribourg et de la Bourgeoisie de la Ville de Fribourg situés en terres… vaudoises. On peut les visiter, mais il faut s’annoncer.

Par Charly Veuthey

Dans son bureau du Palais fédéral, lorsqu’il était président du Conseil national, Dominique de Buman ne manquait jamais l’occasion, à l’apéro, de servir un verre de Riex blanc de la Bourgeoisie de la Ville de Fribourg à ses invités. « Mais, précise-t-il, je servais aussi des vins du Vully et des vins de l’Etat. »

Comme ceux du Domaine des Faverges – à Saint-Saphorin –, propriété de l’Etat de Fribourg, les vins de la Bourgeoisie, produits en Lavaux, font la fierté de nombreux amateurs dans le canton.

Leur qualité y est pour beaucoup. Mais pour mieux comprendre cette fierté, il faut plonger dans l’histoire des deux vignobles qui remonte au début du deuxième millénaire, il y a près de mille ans. Les vignes des Faverges ont été créées dès la moitié du XIIe siècle par les moines d’Hauterive (voir page 8). On pense également que les premières vignes plantées sur le domaine de la Bourgeoisie l’ont été à la même époque : la Bourgeoisie de la Ville de Fribourg en est devenue propriétaire au XIVe siècle.

Les « Fribourgeois » ont donc largement contribué à la création et au maintien de ces vignes en terrasses si exceptionnelles qu’elles sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. « Fribourgeois » entre guillemets car, évidemment, au début de l’aventure le canton n’existait pas plus que celui de Vaud.

Yvan Regamey, l’un des deux vignerons du Domaine des Faverges, constate que « la présence des moines d’Hauterive pendant plus de 700 ans a certainement permis d’assurer une continuité qui fait que le vignoble des Faverges est aujourd’hui le plus grand, d’un seul tenant, de Lavaux, avec ses 15,4 hectares ». Yvan Regamey cultive 8,8 hectares. Son collègue vigneron Gérald Vallélian se charge des 6,6 autres hectares du domaine.

Yvan Regamey s’inscrit parfaitement dans cette longue histoire. Lorsqu’il prendra sa retraite, en 2020, sa famille aura passé… 100 ans à travailler les vignes de l’Etat. Depuis 1972, il vit dans une maison située juste à côté de la Grande Maison des Faverges. « Je vais arrêter à la fin de l’année 2020, quand les 100 ans seront accomplis. Ce symbole est évidemment important pour moi. »

Lorsque l’Etat de Fribourg a « repris » les Faverges, en 1848, la Grande Maison était déjà au coeur du domaine. Construite par les moines de l’abbaye d’Hauterive, elle abrite aujourd’hui encore la vinification des crus du domaine et sert de lieu de réception pour le Conseil d’Etat. Des travaux vont bientôt y être menés pour améliorer encore la vinification et pour accueillir plus de visiteurs avec des offres d’oenotourisme, de séminaires ou de réceptions.

La maison du domaine de Riex, qui est au coeur du vignoble de 5,82 hectares de la Bourgeoisie, est bien plus ancienne encore que celle des Faverges. Elle a subi d’importantes transformations en 2011. Grâce à ces travaux, on a pu recommencer à vinifier in situ, ce qui n’était plus possible depuis plus d’un siècle. 

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